FICHES PRATIQUES

les solutions de paiement en ligne

Carte bancaire, paiement en trois fois, e-carte-bleue, paiement différé, ou encore virement : les moyens de paiement en ligne sont nombreux. En proposer plusieurs peut être l’occasion de capter de nouveaux clients et d’augmenter le «taux de transformation» des visites en actes d’achat. Certains d’entre eux représentent néanmoins un coût non négligeable. Pour les e-commerçants, difficile donc d’évaluer la pertinence de certains modes de paiement.

PRINCIPE ET DÉFINITION

Le paiement électronique permet au e-commerçant de se faire payer par ses clients via une transaction dématérialisée (l’argent est versé sur son compte bancaire1) et sécurisée. 
UNE TRANSACTION SÉCURISÉE
Techniquement, la sécurisation d’une transaction repose sur quatre conditions :
- L’authentification des parties : s’assurer de l’identité vis-à-vis du client et réciproquement
- La confidentialité des données : rendre l’information illisible à des tiers non autorisés (cryptage du numéro de carte bancaire et des 3 numéros au dos)
- L’intégrité des données échangées : s’assurer qu’elles n’ont pas été altérées accidentellement ou frauduleusement lors de leur transit ou après
- L’archivage des données en vue de se prémunir contre toute réclamation abusive

En général, les transactions sont sécurisées via le protocole SSL (Secured Socket Layer) créé à l’origine par Netscape. Il s’agit d’un standard international.

REMARQUE
Depuis le 1er octobre 2008, tous les paiements électroniques doivent respecter la norme 3D Secure. Celle-ci a été créée pour lutter contre la fraude à la carte bancaire. Concrètement, au moment du paiement, lorsque le client tape ses coordonnées bancaires, une demande d’authentification lui est envoyée. Selon sa banque, il devra alors entrer un code d’accès, une date de naissance, la réponse à une question secrète, etc…

UNE VENTE DÉMATÉRIALISÉE
La dimension psychologique de l’achat
Le choix d’une solution de paiement électronique ne doit pas être abordé uniquement sous l’angle de la technique. L’achat virtuel a longtemps rebuté les internautes par crainte des e-commerçants crapuleux et des pirates informatiques (vol de numéro de carte bancaire).

Il s’est aujourd’hui démocratisé, mais il ne faut pas négliger la dimension psychologique de l’achat en ligne. En surfant sur le site, l’internaute doit absolument se sentir en confiance, sans quoi il ne commandera pas. Tant que ses coordonnées bancaires ne sont pas validées, il peut à tout moment renoncer à son achat.

Le taux de perte
C’est pourquoi il convient de surveiller le taux de perte qui mesure le pourcentage d’abandon au cours du processus d’achat.
Lors de ces 5 principales étapes, il peut y avoir abandon :
Mettre l’acheteur en confiance
Les motifs d’abandon sont nombreux et très subjectifs. Par exemple, un graphisme amateur laisse supposer que le site est peut-être mal sécurisé. Les mentions et logos influencent aussi beaucoup l’acheteur : le logo d’une banque, d’un organisme de paiement électronique connu, d’un organisme certificateur ou d’un service de carte bancaire permettent de rassurer l’internaute, de le mettre en confiance pour qu’il aille au bout du processus d’achat. Le choix d’un moyen de paiement pour un site marchand doit donc tenir compte de cet aspect psychologique de l’achat en ligne.

Moyen de paiement et marketing
Par ailleurs, s’il peut mettre en confiance, le moyen de paiement peut aussi être un déclencheur d’achat. D’une part, proposer plusieurs solutions, c’est offrir le choix au client. Le site marchand peut d’autre part proposer des modes de paiement apportant des services au client : règlement à la réception, paiement en plusieurs fois, avec une carte de fidélité multimarque, un chèque cadeau, etc... Le moyen de paiement devient ainsi un argument de vente. 

LE PAIEMENT PAR CARTE BANCAIRE

La carte bancaire est le moyen de paiement le plus prisé des internautes : selon la Fédération des Entreprises de Vente à Distance (FEVAD), 85 % des consommateurs français privilégient ce mode de transaction. Il apparaît donc presque incontournable de le proposer sur un site marchand. 
LE CONTRAT V.A.D
En France, la loi oblige les e-commerçants qui souhaitent que leurs clients effectuent des versements directement sur leur compte bancaire, à négocier un contrat de Vente A Distance (VAD) avec leur banque. Des frais de contrat sont à prévoir autour de 150 à 200 €2 selon les banques.
LE TERMINAL DE PAIEMENT ÉLECTRONIQUE
Le webmarchand doit aussi louer un Terminal de Paiement Electronique (TPE). Il s’agit d’une page sécurisée assez standardisée vers laquelle le client est redirigé lorsqu’il a validé sa commande et ses coordonnées postales (exemple ci-dessous). Un TPE se loue auprès d’une banque ou d’un intermédiaire de paiement.
Le TPE des banques
Toutes les grandes banques françaises proposent désormais un TPE : le Crédit Mutuel (Cybermut), la Banque Populaire (CyberPlus paiement), la Caisse d’Epargne (SP PLUS), etc. (voir schéma).
Le client entre le numéro et la date d’expiration de sa carte bancaire ainsi que le cryptogramme visuel à 3 chiffres au dos de la carte. Les informations sont cryptées et transmises à la banque de l’acheteur qui renvoie immédiatement une réponse au site marchand pour l’informer de la validité de la carte et si la limite de crédit n’est pas dépassée. Le site enregistre ou pas la transaction. Un TPE se loue auprès d’une banque ou d’un intermédiaire de paiement.
Côté coût, le e-commerçant devra s’acquitter au minimum de frais d’ouverture entre 150 et 600 €, d’un abonnement mensuel entre 15 et 30 € pour la location du service, ainsi que d’un pourcentage sur les ventes et d’une commission fixe à chaque transaction.

Le TPE des intermédiaires de paiement
Il existe également des TPE loués par des intermédiaires de paiement tels que Paybox, Klik and Pay, ou Cashtronics. Ceux-ci se chargent de vérifier les coordonnées bancaires du client et de collecter son paiement. L’argent est ensuite reversé au e-commerçant (schéma).

Ces prestataires vendent surtout la garantie au webmarchand d’être payé car contrairement à une idée reçue, les principales victimes des paiements frauduleux sur internet sont les commerçants et non les clients. Les intermédiaires de paiement vantent tous des systèmes anti-fraude. Plusieurs d’entre eux proposent notamment d’analyser la fiabilité des acheteurs avant de valider leur paiement sur la base d‘un système de scoring. Un nouveau client ou le fait qu’il soit à l’étranger représente un certain risque, traduit ensuite en score. A un certain niveau de risque, le paiement de l’acheteur est mis automatiquement en attente de validation manuelle par l’e-commerçant. 
REMARQUE
Certains TPE proposés par des intermédiaires de paiement disposent de système multibanque permettant de vendre plus facilement à l’international. Ils acceptent des cartes bancaires et accréditives étrangères notamment.

Ce service représente des frais de mise en service compris entre 150 et 400 €, un abonnement mensuel variable selon les différentes formules proposées par chaque intermédiaire, et parfois des commissions (pourcentage et/ou coût fixe sur chaque vente). Ces coûts s’ajoutent aux frais inhérents au contrat de VAD.

LES PAIEMENTS PAR PORTEFEUILLE EN LIGNE

Les banques peuvent refuser à un e-commerçant un contrat de VAD. Auquel cas, celui-ci ne pourra jamais obtenir de versement directement sur son compte bancaire. Les transactions devront obligatoirement transiter chez un courtier.

Ce type de prestataires aussi appelés portefeuilles en ligne sont des plateformes de paiement vers lesquels le client est redirigé au moment de payer. Le plus connu des courtiers est Paypal, mais il en existe d’autres : Paynova, Authorize.net, Blue Paid, Paysite cash, Eurowebpaiement…

Pour utiliser ce service, e-commerçant et client doivent disposer d’un compte chez le courtier. A la création de son compte, le client communique ses coordonnées bancaires et définit un login et un mot de passe. Au moment de payer chez le webmarchand, il est redirigé sur la page sécurisée du courtier et entre ses codes d’accès. L’argent est déposé sur le compte client du e-commerçant qui le vire ensuite sur son compte bancaire. (Schéma)
Le portefeuille en ligne est particulièrement apprécié des internautes jeunes et aguerris. 32 % des cyberacheteurs l’utilisent (source FEVAD) et apprécient sa facilité d’utilisation en particulier pour un micro paiement ou pour une transaction à l’étranger. Proposer cette solution de paiement en complément de la carte bancaire permet de toucher une clientèle plus large et d’augmenter le chiffre d’affaires. Attention cependant, les frais de conversion de devises sont à la charge du e-commerçant.

Le courtier se rémunère via un pourcentage sur les ventes et une commission fixe à chaque transaction de quelques centimes d’euros. Le pourcentage appliqué est dégressif selon le volume du chiffre d’affaires réalisé via le portefeuille en ligne. Par exemple, chez Paypal, il faut compter 3,4 % pour un total des ventes mensuelles inférieur à 2 500 € et 1,4 % pour plus de 100 000 € générés.

LES MOYENS DE PAIEMENT COMPLÉMENTAIRES

LE PAIEMENT DIFFÉRÉ
Il permet au client de payer à réception de la commande ou en plusieurs fois. Le e-commerçant est immédiatement crédité sur son compte bancaire ; la solution de paiement différé avance l’argent. Des frais sont parfois facturés sous forme de commission sur chaque transaction.

Ce service est généralement proposé par des sociétés associées à des organismes de crédits : Receiveandpay (Sofinco), 1euro.com (Cofidis). A ce titre, l’internaute doit remplir plusieurs pages d’un formulaire. Cette solution a permis à des sites marchands d’augmenter le montant du panier moyen de leur site (valeur moyenne des achats des clients). 
LE VIREMENT
Il est surtout utilisé par des internautes étrangers. En général, client et e-commerçant s’entendent sur ce mode de paiement par le biais d’un échange de mails. Le webmarchand fournit son RIB et expédie la commande après le virement du client. 
LA CARTE VIRTUELLE
Cette solution permet au client ayant souscrit ce service auprès de sa banque de ne pas communiquer son numéro de carte bancaire. Au moment de payer, l’internaute ouvre un logiciel qui génère un numéro de carte à usage unique. Ce service porte un nom différent selon la banque qui le propose : e-carte bleue (LCL, Banque Postale, Société Générale, Caisse d’Epargne, Banque Populaire), PayWeb Card (Crédit Mutuel, CIC), etc. Une intervention technique est parfois nécessaire sur les sites marchands souhaitant proposer la carte virtuelle comme moyen de paiement. 
LES CARTES ACCRÉDITIVES OU PRIVATIVES
Les banques et les courtiers permettent souvent l’acceptation de certaines cartes privatives (Cofinoga, Cetelem) et accréditives (American Express, Diners Club International) selon les partenariats qu’ils ont noués. Ce service est le plus souvent inclus dans leur offre.
LE CHÈQUE CADEAU
Les webmarchands qui acceptent ce moyen de paiement sont membres d’un réseau d’enseignes en ligne. Les clients s’étant vu offrir un chèque cadeau l’utilisent en communiquant au moment du paiement leur email et le numéro du chèque sur le site marchand. 
LE TICKET PRÉPAYÉ
Ce moyen de paiement a été conçu pour les acheteurs ne disposant pas de carte bancaire, notamment les adolescents. Les tickets prépayés s’achètent dans des points de ventes physiques (presse, tabac…) ou en ligne. Ils s’utilisent grâce à un code unique.

Source: Espace Numérique Entreprises (ENE)

Autres fiches  :
gtag('js', new Date()); gtag('config', ' UA-108352533-1');